Des mains gantées peignent le mot GO GREEN à la peinture verte, illustration du greenwashing visé par la directive EmpCo

Directive EmpCo : ce que vous ne pourrez plus écrire sur vos cosmétiques et votre site à partir du 27 septembre 2026

Vous relisez la fiche produit de votre shampooing. « Formule écologique », « respectueux de la planète », et un petit logo vert que votre graphiste a dessiné il y a deux ans. Jusqu’ici, personne ne vous a rien reproché.

À partir du 27 septembre 2026, chacune de ces trois lignes devra pouvoir se défendre.

Commençons par la bonne nouvelle : le vert n’est pas interdit. La directive EmpCo ne demande à personne d’arrêter de parler d’environnement. Elle demande de pouvoir prouver ce qu’on affirme.

Un mot de vocabulaire, parce qu’il va revenir. Une allégation, c’est une affirmation que vous écrivez sur votre produit : « formule naturelle », « flacon recyclable », « 96 % d’origine végétale ». Rien de plus. Et toute la directive tourne autour d’une seule question : pouvez-vous prouver cette phrase ?

Qu’est-ce que la directive EmpCo ?

Son nom officiel est la directive (UE) 2024/825, dite Empowering Consumers for the Green Transition. Dans le secteur, tout le monde l’appelle EmpCo.

Elle ne crée pas une police du greenwashing : elle allonge la liste des pratiques commerciales toujours interdites, celle qui sert déjà à sanctionner la publicité mensongère. Conséquence très pratique : vos affirmations seront jugées par les services de contrôle qui existent déjà.

La date d’application est le 27 septembre 2026. Plusieurs États sont en retard pour inscrire le texte dans leur propre loi, mais ce retard ne vous protège pas : préparez le 27 septembre, et vérifiez les règles nationales de chaque pays où vous vendez. À ne pas confondre, au passage, avec la « Green Claims Directive » : celle-là était un projet plus large, que la Commission a annoncé vouloir retirer en juin 2025. EmpCo, elle, est adoptée.

Mon site web est-il concerné, ou seulement mes étiquettes ?

Il est concerné, et c’est l’erreur la plus coûteuse du moment. EmpCo ne parle pas d’étiquetage : elle parle de tout ce que vous dites à un consommateur pour vendre. Sont donc concernés autant que le flacon :

  • les fiches produits, descriptions et pages catégories de votre boutique ;
  • la page d’accueil et les pages « Notre démarche » ou « Nos engagements » ;
  • les titres et descriptions affichés dans Google ;
  • les bannières, newsletters et publications sur les réseaux sociaux ;
  • les catalogues et argumentaires commerciaux, y compris chez vos revendeurs.

Commencez par le web : une fiche produit se réécrit dans l’après-midi, un étui imprimé en trente mille exemplaires, non. C’est le plus de sécurité pour le moins d’argent.

Et mes emballages déjà imprimés ?

EmpCo ne prévoit aucun délai pour écouler les stocks : au 27 septembre, les règles s’appliquent aussi aux produits déjà fabriqués et déjà en magasin. Cela ne veut pas dire qu’il faudra tout détruire. La Commission demande aux autorités de tenir compte des efforts réellement faits, et des corrections sont possibles, comme un autocollant rectificatif.

Le bon réflexe : repérez dès maintenant les produits dont l’emballage porte une mention à risque, et décidez avant l’échéance.

Un rouleau applique de la peinture verte sur un mur blanc, illustration des allégations environnementales visées par la directive EmpCo

Les six changements à connaître

1. Les adjectifs vagues

« Écologique », « vert », « éco-responsable », « respectueux de l’environnement », « green ». Employés seuls, ces adjectifs promettent un bénéfice pour la planète sans dire lequel. La directive les appelle des allégations génériques, et c’est le cœur du sujet.

Au 27 septembre, un tel adjectif est interdit si vous ne pouvez pas démontrer que votre produit fait partie des tout meilleurs de sa catégorie. Le texte cite l’Écolabel européen en exemple : l’exception est réservée à un club très restreint.

Mais le mot n’est pas banni partout. Si vous précisez juste à côté ce que vous voulez dire (« écologique parce que le flacon contient 80 % de plastique recyclé »), l’adjectif cesse d’être vague. À une condition : la précision doit être visible et collée à l’adjectif, pas en petits caractères.

2. Une qualité de la pompe n’est pas une qualité du produit

Une qualité qui ne concerne qu’une partie du produit ne peut pas être présentée comme si elle concernait le tout. Prenez « 100 % plastique recyclé » : si le flacon l’est mais que la pompe et le bouchon sont en plastique neuf, la mention est trompeuse, parce que le client comprend que tout l’emballage l’est. Même problème pour un seul ingrédient certifié dans une formule qui ne l’est pas.

3. La neutralité carbone achetée

Réduire ses émissions et les compenser sont deux choses différentes. Réduire, c’est en émettre moins. Compenser, c’est continuer à émettre autant et payer ailleurs, en plantant des arbres ou en finançant un projet, pour équilibrer le compte.

EmpCo interdit d’annoncer qu’un produit est neutre ou positif pour le climat quand l’affirmation repose sur de la compensation. Les réductions réelles, mesurées dans votre propre production, restent parfaitement communicables.

4. Les promesses pour 2030, 2040 ou 2050

« Nous serons neutres en carbone en 2030. » Ce type d’engagement n’est pas interdit, mais il doit désormais être chiffré et public, reposer sur un plan écrit avec des étapes datées et budgétées, et être vérifié par un expert extérieur dont les conclusions sont publiées. Dit autrement : une promesse pour 2030 n’est plus une phrase, c’est un dossier.

5. Ce que la loi impose à tous n’est pas un argument de vente

Une obligation que la loi impose déjà à toute la catégorie ne peut plus être présentée comme un avantage de votre produit : si tout le monde doit le faire, ce n’est pas un argument. En cosmétique, les mentions autour de l’expérimentation animale sont à regarder de très près. La réglementation européenne y superpose plusieurs niveaux de règles et ne se résume pas à un « interdit depuis 2013 ».

6. Les logos maison

Vous ne pourrez plus dessiner votre propre badge (« Clean by [marque] », « Notre engagement vert », une feuille dans un cercle) et le présenter comme un label. Il faut un système derrière : un cahier des charges public, ouvert à d’autres entreprises, contrôlé par un organisme indépendant qui peut retirer le label. Et la Commission ajoute une condition qui tranche beaucoup de cas : ce contrôleur doit être juridiquement séparé du propriétaire du label. Un label qui s’audite lui-même n’est pas un label.

Le bon réflexe : pour chaque logo affiché, sachez dire qui possède le label, qui contrôle, et ce que le certificat couvre exactement.

Ce qui ne change pas

Une partie de l’inquiétude actuelle vient d’une lecture trop large du texte. Le 27 septembre, vous pourrez toujours parler d’environnement, afficher une vraie certification, communiquer des réductions mesurées, et utiliser un vert végétal ou une feuille : selon la Commission, ces éléments ne constituent pas à eux seuls une affirmation environnementale. Vous pourrez aussi publier sans faire valider par personne : EmpCo ne crée aucune autorisation préalable. Mais la preuve doit exister avant la publication, même si personne ne vous la réclame jamais.

Comment reformuler une phrase qui ne passe plus ?

Trois questions suffisent à trier presque toutes les phrases de votre site. Qu’est-ce que j’affirme exactement ? Sur quoi je m’appuie : un chiffre, un test, un certificat ? Sur quelle partie du produit ça porte : la formule, le flacon, le bouchon ? Une réponse documentée aux trois, la phrase tient. S’il en manque une, elle est à réécrire.

  • « Écologique » : pas de reformulation possible, il faut donner la qualité réelle, par exemple « flacon en [X] % de plastique recyclé, hors bouchon et pompe ».
  • « Formule naturelle » devient « [X] % d’ingrédients d’origine naturelle, calculé selon [méthode] ».
  • « Biodégradable » devient « biodégradable à [X] % en [Y] jours, selon le test [nom] ».
  • « Flacon recyclable » devient « recyclable dans la filière [X] ; bouchon et pompe : [ce qu’il en est] ».
  • « CO₂ neutre » devient « émissions de production réduites de [X] % depuis [année] ».
  • « Certifié bio » devient « certifié [label], par [organisme], certificat n° [numéro] ».

Le cas de « bio » mérite une explication à lui seul, parce que ce mot n’a aucune définition légale en cosmétique : nous lui avons consacré un article entier.

Attention : ces reformulations ne sont pas des autorisations automatiques. Une affirmation doit être exacte, prouvable et ne pas induire le client en erreur. Mettre un chiffre ne suffit pas. « Biodégradable » est la plus fragile des six : un produit biodégradable dans un composteur industriel ne l’est pas forcément dans une rivière, et il faut donc pouvoir dire quoi est biodégradable, dans quelles conditions, selon quel test et en combien de temps.

Une cliente lit l'étiquette d'un flacon de cosmétique en boutique

En marque blanche, qui répond de quoi ?

C’est celui qui vend le produit sous son nom qui répond de ce qui est écrit dessus. Si votre marque est sur le flacon, c’est à vous de prouver vos affirmations, même quand les données viennent de votre fabricant. Lui les possède ; à vous de les lui demander. Pour chaque produit, réclamez :

  • le pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle, et la méthode de calcul ;
  • les certificats valables, avec l’organisme, le numéro et ce qu’ils couvrent exactement, ainsi que le DIP de chaque produit ;
  • la matière de chaque élément du conditionnement : flacon, bouchon, pompe, étui ;
  • la recyclabilité et la biodégradabilité, avec le test correspondant ;
  • ce qui est certifié, ce qui est mesuré lors du contrôle qualité, et ce qui n’est que du marketing.

Un fabricant incapable de documenter vos principales affirmations vous laisse porter seul la responsabilité de phrases que vous ne pouvez pas prouver. Savoir fournir des preuves devient un critère de choix, au même titre que le prix et les délais.

Que risque une entreprise qui ne se met pas en conformité ?

La directive ne fixe pas elle-même les amendes. Chaque pays décide, avec une consigne : des sanctions réelles, proportionnées et dissuasives. En pratique, cela va de l’obligation de retirer la mention jusqu’à l’amende, en passant par une action lancée par un concurrent ou une association de consommateurs.

Cet article donne une méthode de travail, pas un avis juridique. Si tout votre positionnement repose sur un adjectif vague, si vous vendez dans plusieurs pays européens ou si vous avez un gros stock d’emballages à arbitrer, faites relire votre communication : cela coûte moins cher qu’une réimpression.

Conclusion : une fiche produit doit maintenant pouvoir se démontrer

EmpCo ne dit pas aux marques d’arrêter de parler d’environnement. Elle leur dit que chaque affirmation doit avoir un sens précis et une preuve derrière.

Votre site se corrige en quelques heures ; une étiquette imprimée en dizaines de milliers d’exemplaires, beaucoup moins facilement. Commencez donc par le web, remontez ensuite jusqu’aux emballages, et demandez à vos fabricants les données qui transformeront vos promesses en affirmations prouvables.

À propos d’AnyBrand Cosmetic

Chez AnyBrand Cosmetic, nous formulons et conditionnons en marque blanche des cosmétiques à base d’ingrédients d’origine naturelle, avec une certification Ecogarantie possible selon la formule. Notre rôle est aussi de vous fournir les éléments techniques qui vous permettent de communiquer sans risque : pourcentages calculés selon une méthode identifiée, certifications à jour, composition des emballages.